Hello les cactus,

J’ai souvent entendu quand je parlais d’écologie ou de zéro déchet que c’est la lubie du moment, un effet de mode. Je me suis toujours défendue en disant que non, c’est une prise de conscience et également un mode de vie qui me simplifie le quotidien au fur et à mesure qu’il s’ancre dans mes habitudes. Et c’est vrai. Mais on ne peut pas nier non plus que l’image de l’écolo s’est un peu améliorée ces dernières années, voire qu’elle est devenue tendance dans plein de domaines : de plus en plus de restaurants et marchés qui affichent une image « bio et locale », les marques de vêtements qui ont des gammes « responsables », les cosmétiques « naturels » qui se développent, des supermarchés vracs et qui proposent de recycler nos déchets. Il y a un engouement qui émerge de plus en plus de ce côté là et la frontière entre conscience/mode et marketing est souvent bien légère et donne lieu à quelques « dérives »…

1/Le green washing

Le green-washing c’est souvent quand les marques commencent à sentir le vent tourner et les consommateurs s’intéresser aux compos des produits. Les industriels se mettent alors à faire du « bio », du « naturel », bref, des jolis packagings en papier recyclé avec des jolis motifs floraux dans des teintes vertes. Et voilà, magie magie, le produit est devenu écologique !
Vous l’aurez deviné, il s’agit davantage de marketing que d’écologie puisqu’en réalité, il est très facile de jouer à la fois sur le visuel du produit pour nous manipuler et de jouer sur les mots en toute légalité.
Pour exemple le plus connu, l’appellation « savon de Marseille »  :


Nous avons ici une appellation « savon de Marseille » ou presque, avec une couleur crème et verte, des jolies petites olives et des mentions qui font rêver « 72% » « extra pur » et « à l’huile d’olive », génial !
Mais les mentions ne figurent pas sur la même ligne, alors qu’est-ce qui est à 72% ? Qu’est-ce qui est extra pur ? Et combien d’huile d’olive contient ce savon ?

Le meilleur moyen de s’y retrouver c’est de lire l’étiquette : les ingrédients sont rangés par ordre d’importance dans la composition du produit. Donc nous avons ici huile de palme, eau, palme encore, du parfum (olive, sûrement), de la glycérine, de l’huile d’olive (ah, enfin !), du sel, de la soude, un agent parfumant, un colorant blanc… et une mention bénite « sans paraben » parce que ça, on est au courant, le paraben c’est caca.

Alors l’huile d’olive ne peut pas être à 72% puisqu’elle apparaît en 6ème position. Vous voulez savoir pourquoi cette mention 72% ? Précisément ? Eh bien, je vais vous l’dire m’ssieur dames, parce que la vraie compo du savon de Marseille, c’est 72% d’huile d’olive, puis soude, eau et sel. Voi-là. Donc on a là une véritable volonté de nous mettre sur une fausse piste en reprenant des mentions du vrai savon de Marseille. Bouh !

Ça veut pas dire que vous devez acheter du savon de Marseille vrai de vrai et rien d’autre, vous aurez beaucoup de mal à en trouver, ils sont désormais tous mélangés à l’huile de palme ou de coco. Mais observer les étiquettes permet déjà de choisir la compo qui vous paraîtra la plus saine.

J’ai pris cet exemple mais le greenwashing on le trouve partout. Dans la bouffe, dans les fringues aussi, on pense à des collections micro-capsules comme la gamme conscious d’H&M qui semble être conçue davantage pour soulager leur conscience une fois l’an que pour changer les modes de fabrication de nos fringues à 5€…

2/Le phénomène des totes-bags

Bon, le piège du green washing, c’est quand on commence à s’y mettre et qu’on tâtonne, puis après, il y a ce que l’on SAIT qu’on doit refuser, genre : les sacs plastiques ! Le diable en personne avec l’huile de palme.
Donc, les sacs plastiques, j’en avais fait un article, c’est pas bien-bouh-caca, et ce qui est cool c’est que depuis quelques années on trouve partout des totes-bags, ces alternatives en coton, lavables, réutilisables à l’infini. Ca se plie tout petit dans son sac, bref, une vraie bonne idée écologique.

Ça, c’est sur le papier.

Le problème, c’est pas le sac, c’est nous, petits consommateurs assidus de mode ! Parce que ce qu’il y a de cool avec ces petits sacs, c’est qu’il  y a des designs hyper sympas, des messages rigolos, ou engagés et donc on a très vite envie d’en faire collection.

« Jamais sans mon tote-bag »

Et là, ben non, c’est contre productif en fait. Parce que la fabrication de coton textile en soi n’a pas moins d’impact sur l’environnement que la production de sacs plastiques. La culture du coton nécessite énormément d’eau et est souvent OGM. Et non, ce n’est pas forcément mieux avec du coton bio. Pourquoi ? Parce que la certification bio concerne souvent exclusivement la culture. Le traitement par le suite du textile est ultra chimique dans les deux cas…

Il existe toujours des labels certifiés plus respectueux mais dans tous les cas, ton tote-bag, tu le chérie, tu le recouds si il a un trou et tu le gardes loooooongtemps. Tu peux en avoir 10 si tu en as besoin de 10 et que tu t’en sert (j’en ai toujours 3-4 en voyage car c’est hyper pratique) mais SURTOUT, tu t’en sert de la manière pour laquelle ils ont été conçus : tu les gardes, tu les laves et tu ne les jettes pas comme des sacs plastiques.

Parce que les fibres de cotons font autant de dégâts dans la nature que les sacs plastiques. Ben oui, mon p’tit. L’avantage du tote-bag n’est pas que c’est un sac-magique-non-polluant, c’est juste qu’il est réutilisable, donc réutilise-le, s’il te plait et ne l’oublie pas quand tu vas faire tes courses !

3/La surconsommation d’huiles essentielles et végétales

Ah, ça ! Les huiles, c’est naturel, pas très cher (sur un fameux site internet) et tu peux te concocter tout plein de recettes. Le problème, un peu comme avec les totes-bags, c’est que le naturel, le bio, l’écologique, c’est un effet de mode positif puisqu’il permet une prise de conscience, mais qui a aussi ses dérives lorsque les mécaniques de la surconsommation refont surface dans des domaines qui se voudraient plus responsables.


Donc, on a compris, on va éviter l’huile de palme, c’est pas bien, la déforestation, les singes qui n’ont plus d’habitat, on sait. Mais si c’est pour commander 12 litres d’huile de coco par mois sur internet, on arrive au même problème. Les entreprises doivent répondre à la demande, et donc produire plus, cultiver plus et souvent c’est fait au détriment des populations locales d’où les huiles sont cultivées/ extraites.

Autre souci, ces sites proposent des recettes parfois complexes (qui nécessitent beaucoup de produits différents) alors que nous allons mettre plus de temps à les utiliser que le produit à se périmer. C’est tout simplement du gâchis.

Pour ça, préférer quelques huiles multi-usages, utilisées pures ou de manière très simple. Pour moi, huile de jojoba, tea tree et aloe vera me tiennent longtemps et me servent quasiment à tout. Sur ce fameux site qui commence par Aroma- et termine par -zone (et sur lequel je me fournis), on peut trouver des tout petits formats, utiles pour tester au départ et voir ce qui nous convient. Mais le plus raisonnable est de rapidement se limiter à quelques produits essentiels et ne pas dévaliser le site tous les mois.

Bon j’ai l’air de vous faire la morale, mais…

En fait, ce qu’il faut comprendre là dedans c’est que TOUT a un impact environnemental. On pointe du doigt l’huile de palme, car à bas coût la filière est exploitée à un niveau catastrophique. Mais la consommation de soja par exemple, et sa demande pose exactement le même problème en Argentine depuis quelques années. Pourtant c’est gentil du soja, hein ? Et je trouve extrêmement dommage de détourner des alternatives intéressantes pour les faire basculer à nouveau dans une consommation déraisonnée.

Dans ces exemples précis, le souci, ce n’est pas le produit en soi, mais la demande, donc nous. Moi aussi j’ai envie d’acheter tous les totes-bags que je vois mais désintoxiquons-nous, nom d’un cactus !

 

4 commentaires sur « Le phénomène de l’écolo-bio et ses dérives »

  1. Mouahahahah j ai bien rigolé en lisant ton article hyper interressant et très bien écrit! C est vrai qu on a toutes et tous bien trop de totebag et c est complètement idiot!!! Idem pour moi concernant les huiles! J ai du stock pour tenir 5 ans! Ridicule!
    Merci en tout cas cet article plein de bon sens!

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    1. ah ah ! Merci ! J’avais peur de paraître un peu moralisatrice mais bien sûr que si j’en fais autant le constat c’est parce que je suis aussi tombée dans le piège de dévaliser aromazone et de ramener un tote-bag de tous les endroits que je visitais 🙂
      On est plus fortes que ça ! ah ah

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