Le point de vue de… Jennie

 

Jennie photo (1 sur 1)
crédit photo : Nicolas Demarre – Nidimages 
www.nidimages.com

Bonjour les Cactus !


Aujourd’hui c’est Jennie qui répond à nos questions


1/ Bonjour Jennie, qui es-tu ?

Mon nom est Jennie Burke, j’ai 30 ans et actuellement je vis en région parisienne et en région bordelaise.
Je suis styliste-multicasquettes pour FANTOME, marque créée en famille par mes parents, mon frère et moi. Je suis aussi batteuse-chanteuse-multicasquettes dans le groupe de rock Klink Clock, duo dans lequel je joue avec mon double.

2/ Le zéro-déchet, ça te parle ?

Pas qu’un peu !
FANTOME est une marque de maroquinerie alternative dont la matière première est la chambre à air de vélo recyclée, ou plus précisément : surcyclée.
Nous récupérons la chambre à air de vélo auprès des réparateurs de vélos du Sud-Ouest, notre atelier étant un peu au Sud de Bordeaux.
Nous sommes fiers de produire localement. Le recyclage de ce matériau nous permet de réduire considérablement notre part d’émission carbone puisqu’il n’y a presque pas de matière première à produire.
Pour ce qui est du Zéro déchet, nous n’y sommes pas encore totalement. Même si nous n’utilisons absolument aucune colle, nous utilisons du fil, de la sangle, des rivets… Eux ne sont pas recyclés mais neufs. Nous travaillons cependant avec des entreprises les plus proches de notre atelier.
Pour ce qui est de la musique et du zéro déchet, c’est peut être moins évident, mais nous essayons de nous déplacer tout le temps avec nos propres verres, assiettes et couverts au cas où il serait proposé de la vaisselle jetable lors des repas dans les lieux qui nous accueillent. Nous prenons très souvent des co-voitureurs pour utiliser les places parfois vide dans notre van et essayons de faire la pause café dans un café et non autour d’un automate.
Et dans la vie de tous les jours… C’est un défi que j’essaie de relever au mieux du possible !
– acheter si possible frais, en vrac ou dans des bocaux en verre
– consommer moins de vêtement mais de  meilleure qualité
– donner ou revendre ce dont on ne se sert plus
– douches de 5 minutes
– recharger son smartphone la journée en deux heures plutôt que de le laisser charger toute la nuit
Etc.

3/ Le Bio, c’est du blabla ou un critère imparable ? Et le naturel, à fond ou à reculons ? 

Carrément pas du blabla. Je regrette tellement qu’il y ai un choix à faire. Tout devrait être bio, simplement.
Pourquoi reculer devant le naturel ?
Nous sommes sûrement la seule espèce vivante sur Terre qui détruit son environnement de manière « durable » et on se pose encore la question si le bio ne serait pas mieux ?

4/ Que fais-tu pour l’environnement au quotidien ?

J’essaie de faire toutes mes courses à vélo avec ma petite remorque et j’essaie de me déplacer le plus possible en transports en commun. (J’adore le train, alors ce n’est pas difficile 😉 )
Régime alimentaire : végétarien.
Privilégier les douches aux bains. (Pas difficile, je n’aime pas prendre de bains :D)
Exit la télé, micro ondes, le sèche linge.
Je fais au maximum mes propres cosmétiques.
Je composte.

5/ Quand et comment ça t’es venu ?

J’ai toujours trouvé les animaux cro-cro-cro-mignons. C’est peut être bête, mais je crois que c’est en les observant que je j’ai appris à respecter le vivant dans toute sa diversité.

6/ Tu le fais pour ton bien-être ou pour la planète ? 

Hahaha, The Question !
Crois-moi ou non, mais je l’ai à nouveau fait car les animaux sont cro-cro-cro-mignons… Je me suis mise à les respecter et donc à respecter le vivant.

7/ Que penses-tu de ces mouvements qui se mettent en place petit à petit (effets de mode du bio, du retour au naturel, diminution des déchets, minimalisme, etc.) ?

Plus on est de fous plus on rit !
Plus on est à communiquer autour de ces mouvements, plus il y aura d’acteurs de ce mouvement. Hâte de voir où nous en serons dans dix ans. On s’est même rendu compte que l’écologie était plus présente dans les débats entre candidats à la présidentielle.
Youpi.

8/ Une bonne résolution écolo-bio-etc. que tu souhaites prendre mais que tu repousses ? Qu’est ce qui est si difficile dans ce changement à faire ?

Trouver une solution pour la litière de mes matous… Ils sont habitués depuis longtemps à ce « confort »… qui génère beaucoup de déchets. Il faut que je me penche activement sur la question mais sans les perturber…
Trouver une solution pour mes toilettes aussi… C’est une aberration de faire ses besoins dans de l’eau potable, non ? Soit trouver un système de recup d’eau, soit un système de toilettes sèches… Affaire à suivre !

9/ La question qui fâche : vegan, végé, omni (ou autres) ? Et pourquoi ? 

Cette question ne fâche pas du tout… Il suffit de venir au salon Veggie World pour faire l’expérience de la tolérance. On essaie tous de faire des efforts pour un monde meilleur, on ne va pas se bagarrer !
Je suis végétarienne (pas de viande pas de poisson) depuis plus de 10 ans. Je n’ai jamais été complètement vegane.
Je n’achète plus de vêtements et accessoires en cuir, soie ou laine depuis presque aussi longtemps (sauf mon blouson de moto).
Je suis en train de revenir sur cette position car les alternatives au « textile d’origine animale » sont souvent synthétiques et donc pas respectueuses de l’environnement…
Je cherche des fabricants les plus éthiques possible… Bienvenue dans le calvaire de « qui dit vrai »… Si vous connaissez des marques à l’info vérifiée, je suis preneuse !

10/ Merci de nous avoir partagé ton avis de petit cactus, un diy facile à nous faire partager avant de partir ? 

Je partage une idée top qu’à partagé Romy Seube sur son blog :
– nourrir le cuir de vos chaussures à l’aide d’une peau de banane !
Même si je n’en ai pas l’utilité, j’ai trouvé ça trop cool.
Merci de m’avoir accordé cette interview et merci à vous les petits cactus !
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Le point de vue de… Chrysostome Ricaud

Hey les cactus !

Cette semaine c’est Chrysostome qui se livre à une « autoBIOgraphie » [dixit himself – on adooore le terme] et qui répond à nos questions !

[Crédit photo : Régis Pailler]

1. Bonjour, qui es-tu ?


Chrysostome Ricaud, trentenaire, bibliothécaire en Ile-de-France, féru de musique et partisan de la sobriété heureuse.

2. Le zéro-déchet, ça te parle ?


Oui, même si j’ai découvert ça sur le tard. On en parle de plus en plus et j’ai dû commencer à entendre parler des livres de Béa Johnson ou de la famille zéro déchets il y a un an environ. Inspiré par leur exemple j’ai changé des tonnes de mes (mauvaises) habitudes du quotidien. Je fais du compost avec tout ce qui est organique. Je garde tous les sacs papier pour peser les fruits et légumes et je réutilise les mêmes à chaque fois. J’achète le plus de produits possible en vrac. Quand j’achète des petits cabécous à la fromagerie du supermarché bio, à chaque fois il me les mettaient dans une boite en plastique. Du coup maintenant j’y vais avec ma propre boite en plastique dur que je réutilise à chaque fois. Quand je vais acheter mon pain j’ai mon sac à pain pour leur éviter de me le mettre dans un sac papier qui aura une durée de vie 5 minutes (le temps que je mets pour aller de la boulangerie à chez moi, où j’enveloppe le pain dans un torchon). Avec toutes ces actions je suis passé d’un sac poubelle par semaine à un par mois !

3. Le Bio, c’est du blabla ou un critère imparable ? Et le naturel, à fond ou à reculons ?


Bio imparable, naturel à fond ! L’attitude inverse nous précipite vers un monde peu enviable où se développent pollution, maladies, catastrophes naturelles, épuisement des ressources de la terre, extinctions animales et qui sait, peut-être l’extinction de l’espèce humaine ?

4. Que fais-tu pour l’environnement au quotidien ?


Je ne possède pas de voiture et ne me déplace qu’en vélo, à pieds ou en transports en commun. Je fais attention à mes consommations d’électricité, de chauffage. Je récupère l’eau de la douche qu’on laisse couler le temps qu’elle devienne chaude pour arroser les plantes. Je consomme 100% de produits bio (aliments, cosmétiques, produits d’entretien). Je n’utilise que de l’eau, du vinaigre d’alcool et du bicarbonate pour laver chez moi. De manière générale je ne consomme presque rien, avant d’acheter quelque chose je me demande toujours si j’en ai vraiment besoin. Lorsque j’ai des besoins j’essaie de les obtenir d’occasion (notamment à travers le SEL dont je suis membre).

5. Quand et comment ça t’es venu ?


De base je viens d’un milieu prédestiné puisque mon père a travaillé toute sa carrière dans les énergies renouvelables. Cependant à son époque on ne se préoccupait pas trop des déchets ou de la pollution que provoquent nos véhicules motorisés. Le directeur de la première bibliothèque où j’ai travaillé venait tous les jours à vélo et militait pour ce mode de transport. Son exemple m’a montré que c’était possible. C’est la même chose avec la famille zéro déchets que je citais précédemment. Je pense qu’on a besoin d’inspirations comme ça, de personnes qui nous démontrent par l’exemple que c’est tout à fait possible de vivre autrement. Pour le fait de consommer 100% de produits bio, j’ai rencontré des gens aux revenus très modestes qui arrivaient à le faire, ce qui m’a fait réaliser que c’était à la portée de tout le monde (à moins bien sûr d’être dans une précarité extrême) à condition de redéfinir ses priorités.

6. Tu le fais pour ton bien-être ou pour la planète ?


Principalement pour la planète. Mais ma personnalité colle parfaitement avec ce mode de vie donc je n’ai pas le sentiment de me sacrifier ou de me priver pour le bien de la planète. Et je pense qu’on se sent de toutes façons mieux lorsqu’on se sépare de toutes les choses matérielles futiles et qu’on se rapproche de la nature. Donc au final je réponds à mon bien-être aussi.

7. Que penses-tu de ces mouvements qui se mettent en place petit à petit (effets de mode du bio, du retour au naturel, diminution des déchets, minimalisme, etc.) ?


Ça redonne un peu d’espoir pour contrebalancer ma réponse extrêmement pessimiste à la troisième question.

8. Une bonne résolution écolo-bio-etc. que tu souhaites prendre mais que tu repousses ? Qu’est ce qui est si difficile dans ce changement à faire ?


Le végétalisme. Une fois qu’on a compris comment fonctionnait l’élevage industriel, la cohérence devrait me pousser à exclure également de mon alimentation les produits laitiers et les œufs. Ne plus toucher à un yaourt ou à une bouteille de lait ne me pose aucun problème, par contre j’adore le fromage et je n’arrive pas à m’en passer ! Même si j’en consomme peu, j’ai du mal à exclure aussi le beurre et les œufs, notamment du fait qu’ils sont utilisés dans plein de recettes et que j’adore cuisiner des gâteaux et des tartes !

9. La question qui fâche : vegan, végé, omni (ou autres) ? Et pourquoi ?


Végétarien depuis un an et demi pour trois raisons : l’écologie, la maltraitance animale et la santé. En voyant le film documentaire Cowspiracy, j’ai découvert l’impact phénoménal de l’élevage animal (tout particulièrement bovin) sur l’environnement. On y apprend notamment que l’empreinte carbone d’un végétarien sera de toute façon plus faible que celle d’un carnivore, même si ce dernier réduisait toutes ses consommations (transports, eau, etc.) au minimum. Des amis végétariens ou les vidéos de L214 m’ont également fait prendre conscience de la barbarie organisée des abattoirs et de la souffrance qu’engendrait l’élevage industriel. Enfin, de plus en plus d’enquêtes démontrent les risques sanitaires et les méfaits sur la santé de la viande.

10. Merci d’avoir partagé ton avis de petit cactus, un diy facile à nous faire découvrir avant de partir ?


Depuis maintenant environ un an je fais ma propre lessive. La recette est toute simple : dissoudre 45 grammes de copeaux de savon de Marseille dans un litre d’eau chaude. Rajouter  quelques gouttes d’huile essentielle si on aime que le linge ait un parfum. J’achète des sacs de copeaux de savon de Marseille de 1 kilo au supermarché bio. Une fois qu’on a fait cet investissement on est tranquille pour 130 lavages ! Comme je fais à peine une lessive par semaine, je n’aurai probablement plus à me réapprovisionner avant 2019 !!!

Le point de vue de… Alexis Hassler

Hello les cactus !

Encore une nouvelle catégorie d’articles que nous inaugurons cette semaine, c’est « Le point de vue de… » : 10 questions posées à quelqu’un pour avoir son avis sur les sujets récurrents de Bulles de Cactus.

Cette semaine on démarre avec Alexis Hassler qui avait déjà été invité sur le blog, souvenez-vous…

1/ Bonjour Alexis, qui es-tu ?

Alexis Hassler, professeur de lettres modernes et de fle/fls (français langue étrangère/seconde). J’enseigne actuellement en Guyane tout en m’occupant du dossier du décrochage scolaire. A côté de cela, j’écris des projets de littérature jeunesse (albums), bandes dessinées et je dessine quelques notes pour parler de mon métier.

2/ Le zéro-déchet, ça te parle ?

Oui, une prise de conscience qui remonte maintenant à un ou deux ans. J’essaie d’accélérer désormais la cadence en cherchant à réduire au maximum ma production de déchets : plus de cotons jetables, limiter les éponges, etc.

3/ Le Bio, c’est du blabla ou un critère imparable ? Et le naturel, à fond ou à reculons ?

Le bio veut simplement dire manger sainement. Rien de plus naturel que de chercher une production sans pesticide ou conservateur. C’est essentiel pour moi car c’est une philosophie de vie, se réorganiser pour vivre sainement. Idem pour le naturel, après il faut s’entendre sur ce que l’on met derrière ce terme. Je crois par exemple aux produits d’entretien du corps naturels (huiles essentielles, etc.) plutôt que l’achat de produits chimiques issus des grands groupes de cosmétique.

4/ Que fais-tu pour l’environnement au quotidien ?

Limitation au maximum des déchets par le recyclage maison, l’utilisation de solutions internes pour éviter le jetable (cotons jetables, etc.) et des actions simples mais bourrées de bon sens concernant mon impact sur les environnements que je visite.

5/ Quand et comment ça t’es venu ?

C’est un cheminement ancien qui remonte à un début de prise de conscience sur le bien manger. J’ai commencé par m’intéresser au bio en achetant mon panier de légumes chez un maraîcher (local + bio). Petit à petit, je suis devenu flexitarien et désormais je tends à être végétarien (à la maison, sans problème ; dehors, plus difficile mais on y arrive). Désormais, le zéro déchet m’interpelle. Je pense que c’est une suite logique. Apprendre à vivre sainement donc à vivre en limitant son impact sur la nature quelque soit la thématique abordée (nourriture, déchets, etc.).

6/ Tu le fais pour ton bien-être ou pour la planète ?

L’un et l’autre. Je le fais pour moi car c’est une prise de conscience personnelle mais qui n’a rien d’égoïste. Je pense qu’il faut être conscient de son impact sur la planète car c’est une question d’écologie mais d’altruisme aussi. Je hais la posture du court terme, du jetable et de la consommation unique. Malheureusement, ce vers quoi nous pousse notre modèle avec l’obsolescence programmée.

7/ Que penses-tu de ces mouvements qui se mettent en place petit à petit (effets de mode du bio, du retour au naturel, diminution des déchets, minimalisme, etc.) ?

Je trouve que les initiatives de ce type sont salutaires. Je suis content de voir que des gens se questionnent. Je me suis questionné et je continue. C’est sain de voir qu’on prend le temps de réfléchir à notre mode de vie, à la philosophie de vie qui transpire du modèle que l’on nous propose : consommation basée sur des grands groupes industriels. Actuellement, le minimalisme me parle. Forcé à ne pas tout avoir en Guyane, j’apprends aussi à revivre plus simplement, à faire avec ce que j’ai plutôt qu’aller chercher telle ou telle chose. J’achetais avant beaucoup de choses pour la cuisine, j’apprends désormais à faire avec peu et c’est totalement faisable. Il faut se libérer du superflu pour apprendre à maîtriser les outils fondamentaux.

8/ Une bonne résolution écolo-bio-etc. que tu souhaites prendre mais que tu repousses ? Qu’est ce qui est si difficile dans ce changement à faire ?

Le végétarisme est un chemin difficile mais que j’aimerais prendre pour de bon. Pas simple de dire « jamais », je ne sais pas si j’en serais capable mais je veux poursuivre ma réduction de mon régime carné. Je ne mange aucune viande ou poisson chez moi, il faut que je poursuivre mon effort à l’extérieur.

J’aimerais aussi, mais manque de temps, me mettre au bricolage pour créer des tours de compost pour réduire encore mes déchets par exemple voire réutiliser cela pour une petite production de potager. Malheureusement, difficile de faire pousser quelque chose en Guyane sans pesticide. On verra plus tard, ailleurs.

9/ La question qui fâche : vegan, végé, omni (ou autres) ? Et pourquoi ?

Végétarien comme je le disais. Je respecte le véganisme mais c’est un peu au-dessus de mes forces et je pense que le végétarisme est déjà un bon modèle. Si plus de gens le pratiquaient, l’impact écologique serait net. Seulement, ne demandons pas la Lune. Si la majorité de la population a déjà conscience qu’il faut réduire notre consommation de viande, et le fait, ce sera une grande victoire. Plusieurs raisons motivent mon cheminement vers le végétarisme. La culture porcine et bovine, c’est un pourrissement des sols, une augmentation des maladies liées à l’absorption des médicaments inoculés aux bêtes élevés en batterie ou encore la souffrance animale avec des conditions d’abattage sans nom.

10/ Merci d’avoir partagé ton avis de petit cactus, un diy facile à nous faire découvrir avant de partir ?

Ce n’est pas moi qui gère le DIY comme j’ai deux mains gauche mais par exemple le recyclage maison est une bonne chose. Les pots en verre (sauces par exemple) sont utiles pour avoir des rangements gratuits. Les stylos, les cotons démaquillants, les savons, etc. Même pour mon travail, il m’est arrivé de réutiliser ces petits pots comme lors de sessions de peinture par exemple. Bref, redonner vie à des objets du quotidien devant se retrouver à la poubelle est un vrai défi intellectuel. Creusons-nous les méninges.